octobre 19, 2006

Camus


Die Weltwoche bringt einen wunderbaren Bericht über Albert Camus. Daniel Binswanger portraitiert den frankoalgerischen Journalisten, Schriftsteller und Philosophen als Vertreter eines "afrikanischen Griechentums" und einer "mystisch-vibrierenden griechischen Weltbejahung" (und sieht in so in einer Linie mit dem ihm doch so unähnlichen Nietzsche), aber auch als engagierten Kämpfer für die Menschlichkeit und als klarblickenden Kritiker des politischen Extremismus. Camus' Schilderung des Absurden, vor allem aber seine Welt- und Lebensbejahung, die dennoch ohne Sinn und Glaube auskommt und zum grossen "Ja" zur Welt, wie sie ist, auch das dezidierte "Nein", aus dem das Individuum seine ganze Würde bezieht, stellt, hat mich tief berührt, seit ich zum erstenmal mit seinem Werk in Kontakt gekommen bin. In seiner Überwindung sowohl der christlichen Jenseitsorientierung als auch des positivistischen Glaubens an die Durchsetzbarkeit politischer Utopien hat Camus eine moderne Philisophie entworfen, welche wie kaum eine andere an das Welt- und Menschenbild der Antike anknüpft. Im Gegensatz zu einem Nietzsche verwirft er aber die Frage nach Ethik und Solidarität nicht, sondern versucht sie auf eine pragmatische, jeden Moralismus ablehnende Weise zu beantworten. Der Text unten ist die vielleicht schönste und wichtigste Passage aus "la Peste" - einem Werk, welches gerade in den schwierigen Zeiten des globalen Terrors und anderer Unheimlichkeiten lesenswert ist wie lange nicht mehr.

Ils se déshabillèrent. Rieux plongea le premier. Froides d'abord, les eaux lui parurent tièdes quandd il remonta. Au bout de quelques brasses, il savait que la mer, ce soir-là, était tiède, de la tiédeur des mers d'automne qui reprennent à la terre chaleur emmagasinée pendant de longs mois. Il nageait régulièrement. Le battement de ses pieds laissait derrière lui un bouillonnement d'écume, l'eau fuyait le long de ses bras pour se coller à ses jambes. Un lourd clapotement luit apprit que Tarrou avait plongé. Rieux se mit sur le dos et se tint immobile, face au ciel renversé, plein de lune et d'étoiles. Il respira longuement.Puis il perçut de plus en plus distinctement un bruit d'eau battue, étrangement clair dans la silence et la solitude de la nuit. Tarrou se rapprochait, on entendit bientôt sa respiration. Rieux se retourna, se mit au niveau de son ami, et nagea dans le même rythme. Tarrou avançait avec plus de puissance que lui et il dut précipiter son allure. Pendant quelques minutes, ils avancèrent avec la même cadence et la même vigeur, solitaires, loin du monde, libérés enfin de la ville et de la peste. Rieux s'arrêta le premier et ils revinrent lentement, sauf à un moment où ils entrèrent dans un courrant glacé. Sans rien dire, il précipitèrent tous deux leur mouvement, fouettés par cette surprise de la mer.

Habillés de nouveau, ils repartirent sans avoir prononcé un mot. Mais ils avaient le même cœur et le souvenir de cette nuit leur était doux. Quand ils aperçurent de loin la sentinelle de la peste, Rieux savait que Tarrrou se disait, comme lui, que la maladie venait de les oublier, que cela était bien, et qu'il fallait maintenant recommencer.
Albert Camus. La Peste

1 commentaire:

Der Wilderer a dit…

....und wie man einen Weltwoche-Artikel online liest, steht hier ; )